Traditionnellement, les clowns se partagent en Augustes et en Clowns blancs. Vêtu d'un costume chatoyant, le clown blanc, maquillé en blanc, est beau, élégant, digne et parfois autoritaire. Il représente l'acceptation d'exercer le rôle social de l'adulte : élégance, politesse, sérieux, ordre, bonne conduite...
Maquillé en noir, blanc et rouge selon la tradition, l'Auguste porte un nez rouge, une perruque, des vêtements burlesques de couleur éclatante et de grandes chaussures; il est impertinent et très farceur. Il représente le désir irrépressible de rester dans l'enfance, de ne pas grandir : la folie, la passion, la surprise, l'innocence, le chaos, la transgression, le jeu, la tendresse...
L'être humain est en tension permanente entre le Clown blanc et l'Auguste. Ce duo nous rappelle que nous nous débattons constamment entre ce que nous devons être et ce que nous rêvons d'être.
Partir à la découverte de son propre clown, ce n'est pas "faire le clown" mais laisser surgir ce personnage qui est en nous et le faire vivre. Ainsi, le passage par le corps étrange du clown réveille l’enfant en peau d’adulte que nous sommes et dévoile notre fond de dérision.
Et si nous nous laissions aller au plaisir du jeu sans nous sentir exposés au jugement d'autrui en laissant ouverte la porte de nos émotions véritables, avec nos fragilités, nos contradictions et notre passion pour la vie. C'est ce à quoi nous invite Anaïs Duperrein lors de cette conférence.